Je me suis retrouvé seul, mon ami a fait semblant d’être malade

Les fêtes de cette fin d’année 2017 furent, pour moi, l’occasion de retrouver d’anciens camarades de classe et de nous remémorer les bons souvenirs de notre scolarité commune. Je fus ému de retrouver Frédéric que je n’avais pas vu depuis mon bac.

Frédéric était vraiment mon alter ego et nous formions un duo inséparable au lycée. Tout le monde nous appelait Bob et Marley à cause de la musique reggae que nous écoutions en permanence et de notre attitude extrêmement cool.

En classe de terminale, nous avions, comme prof de musique, Mme Chabrillac qui déployait de multiples stratégies innovantes pour nous intéresser à sa matière.

Au second trimestre elle nous demanda de constituer des binômes, de choisir un musicien ou un groupe qui nous intéressait et de présenter ces artistes à la classe sous forme d’une présentation orale de trente minutes.

Pour Frédéric et moi, le sujet était tout trouvé, nous avons décidé, sur un clin d’oeil complice, de faire partager notre passion pour le grand Bob Marley et l’idée de faire chanter « No Woman no Cry » à toute la classe en guise de conclusion nous enthousiasmait.

Devant notre fougue, Mme Chabrillac nous mit au défi de présenter notre exposé pour la semaine suivante.

Nous avons travaillé d’arrache-pied tous les soirs après les cours pour compiler des extraits des morceaux de notre idole sur une cassette (eh oui… le numérique n’était pas encore de mise), classer nos pochettes de vinyles par ordre chronologique, répéter l’hymne que la classe allait entonner avec nous, écrire la biographie de Bob en fouinant à la bibliothèque (Internet n’était pas  encore arrivé non plus)… Bref notre passion nous a donné des ailes pour faire un exposé que nous jugions des plus extraordinaires. J’avoue avoir eu un sommeil agité la nuit précédant le jour J de la présentation publique.

Le jour J et ses conséquences.

Ce matin-là nous commencions par musique. Complètement excité, j’enfilais ma veste à capuche aux couleurs de la Jamaïque et arborais fièrement mon plus beau bonnet rasta. A 8 h 30 j’étais devant la grille du lycée impatient de retrouver Frédéric pour une ultime mise au point.

Je fus surpris de ne pas voir mon camarade lorsque la cloche sonnât le début des cours.

Assis à ma place j’étais désemparé de voir la chaise à côté de moi désespérément vide. Frédéric n’était pas là… Je bredouillais fébrilement à Mme Chabrillac, devant les yeux goguenards de mes camarades que je ne pouvais pas faire l’exposé tout seul et passais la plus mauvaise journée de mes années lycée sans nouvelles de Frédéric.

Le soir après les cours, je passais chez mon camarade qui m’expliqua qu’il avait préféré avoir fait semblant d’être malade, car il redoutait de s’exprimer en public et qu’il n’aurait pas été capable d’ouvrir la bouche devant la classe. Mon premier réflexe a été de le traiter de lâche et de tourner les talons. La fin de l’année fut banale, notre amitié entachée par cet incident. Nous eûmes notre bac et chacun prit une route différente à l’université.

Et aujourd’hui ?

Ainsi en ce 29 décembre 2017, Frédéric et moi avons pu revenir sur cet incident qui s’était passé il y a pas mal d’années. Mon ancien camarade de classe m’avoua s’être rendu compte, ce jour-là, d’être incapable de prendre la parole en public. Cela le poursuit. Il évite chaque situation où il doit s’exprimer devant un auditoire, si petit soit-il. Aujourd’hui entrepreneur, il a eu toutes les peines du monde à faire un discours devant ses collaborateurs à la fête de Noël de sa propre entreprise, en rougissant, bredouillant et bégayant même parfois. Il en a parlé à une de ses amies psychologues qui lui a dit que cela venait certainement des remarques de son père lorsqu’il était enfant et qui lui répétait sans cesse que « dès qu’il ouvrait la bouche c’était pour dire une connerie ».

Aujourd’hui, ma posture de coach me permet de parfaitement comprendre ce handicap de ne pas être à l’aise dans la prise de parole en public. Bon nombre de cadres, de chefs d’entreprises et même d’enseignants sont confrontés à ce mal-être, ce trac tétanisant, lorsqu’il faut s’exprimer devant un auditoire.

Ce soir-là, j’ai montré à Frédéric comment canaliser son énergie à l’aide d’une technique de visualisation et d’ancrage positif à pratiquer avant une prise de parole en public ainsi qu’un mode respiratoire particulier propice à générer le calme avant ce genre de défi.

Être à l’aise devant un public, ça s’apprend, et mes années de conservatoire en art dramatique liées à mon expérience d’enseignant me permettent aujourd’hui de l’enseigner dans la formation de la Méthode Dolfino® « L’art de parler, convaincre et enseigner efficacement ».

J’ai d’ailleurs convié Frédéric à venir assister à une de ces formations pour qu’il s’approprie les outils et techniques qui lui permettront de s’exprimer librement avec talent et créativité.

Du coup les retrouvailles furent vraiment agréables et nous avons pu passer quelques morceaux de Bob Marley grâce à nos smartphones… Comme quoi l’époque a bien changé… Un peu comme nous en fait.


Prochain étape

Formation : L’art de parler, convaincre et enseigner efficacement

Paris : 27-28 janvier 2018

Vous apprendrez à:

  • Lever vos inhibitions.
  • Augmenter votre créativité.
  • Canaliser votre stress de façon positive vers vos objectifs.
  • Exprimer votre vraie personnalité en public en harmonie et avec respect pour vous même et les autres.
  • Prendre conscience de vos véritables possibilités et asseoir ainsi votre confiance en vous : « Je fais ce que je ne savais pas que je pouvais faire. »

Aventure collective par excellence, cette formation vous apprend à cerner l’écueil que représente le jugement de l’autre dans vos rapports sociaux. Vous évitez ainsi les jeux de pouvoir, apprenez à mieux vous connaître et réussissez à vous exprimer avec facilité pour mieux enseigner et mieux convaincre votre auditoire de mettre en action ce que vous avez à leur offrir.

Description (avec vidéo) : http://dolfino.tv/sgc/art-enseigner/